Une de vos récentes décisions provoque un joli tohu-bohu dans les couloirs comme vous en avez sans doute été avisé sinon, appuyez sur le bouton alarme pour que le concierge puisse vous sortir de l'ascenseur.

Pour faire les choses dans l’ordre habituel, quelques liens bien choisis afin de remettre les points sur les i :
Des journaux hop, hop et hop
Et puis, ça s’emballe et la blog machine décolle :
D’abord les signaux d’alarme/feux de détresse
hop et hop et rehop
Et, très vite, les relais qui font office de phares et renvoient le signal tout en attirant d’autres badauds qui eux même… pouf et pouf
Pour couronner le pompon, c’est l’occasion pour des plumes trempées dans le vitriol de vous transpercer de part en part comme Maître Eolas Tchac
Si vous avez entendu des gloussements et des « mâtin, quel panache !» près des photocopieurs, ne cherchez plus. C’était ça.

Résultat : Une manif virtuelle sous vos fenêtres.jpg. Et pas moyen d’envoyer des CRS numériques avec des gaz lacrymo à l’extrait de wmf. L’effet Larsen de la blogosphère à joué à fond et le bruissement devient assourdissant.

La cyber-marabounta est en train de tout engloutir.

Comment en est-on arrivé là ?

Ca à commencé par un cafardage « M’sieu, y’en a un y fait rien qu’à dire des gros mots. C’est lui là ». Paf, gaulé.

Aparté : Garfield –Bon sang ! C’était donc lui ?! – aurait-il été victime de la fracture numérique ? En effet, si il avait été dans une ville plus grande et avec plus de deux lycées, les fouines ne l’auraient sans doute pas reperé avec leurs antennes goniométriques et on pourrait continuer à profiter de ses billets. Ma che vergogna !

Phase deux, le rectorat réagit, le proviseur est mis à pied. Ca commence à sentir la caque.

Deuxième aparté : On voit là un beau mépris pour la fonction de chef d’établissement et pour les membres du lycée concerné : « On ne peut pas vous laisser votre proviseur mais on vous met celui d’à coté en intérim, il viendra vous signer les papiers, vous n’avez qu’à les laisser sur le coin du bureau ».

La suite est connue : Konseil de ditzipline, révokazion (les k et les z, c’est pour sonner teuton genre fonctionnaire borné. Pardon aux teutons que la comparaison offense).

Et là, monsieur le ministre, une question s’impose. Etes-vous sûr que les membres du conseil qui ont choisi la plus grave sanction n’ont pas appris à lire avec la méthode globale ? Parce que au risque de répéter ce qui est stridulé lancinement, voir du porno dans le blog de Garfieldd, c’est comme voir du soldat dans le biscuit de soldat ou de l’humour chez erzy et ramic. Y’en a pas !

Du coup, vous voilà bien embêté avec un drôle de baton brenneux qui n’a pas l’air de pouvoir se décoller facilement. Une pétition (vous pouvez la signer
Elle marche bien, elle est dans le top ten et pourrait rattraper la 6ème « Pour plus de sport automobile sur Speed TV ». Waouh ! la classe.
Les bannières de soutien commencent à être mises en ligne par les artistes du web et les premières actions de masse sont envisagées. Vous allez donc avoir droit à :

Un google bombing qui va vous permettre de rejoindre les miserable failure, député liberticide et autre Iznogoud au panthéon des épinglés. Les paris sont ouverts et « ministre homophobe » tient la corde.

Un concours de dessins et de photomontages tournant autour des thèmes « porno, homo, ministre de l’éducation ». Vous voyez d’ici le tableau. Ca va encore rigoler autour des photocopieuses. Photoshop ne va pas être votre ami pendant les jours qui viennent.

Regardez ce qui est arrivé à ce pauvre journaliste de Libération. Il se prend le tapis dans un article où il mélange bêtement requêtes de visiteurs et billets de l’auteur. Un peu comme si en griffonnant un numéro de téléphone sur un journal ça devenait un texte du journal. Paf ! Il se prend un cassage de gueule à la récré et en plus c’est LUI qui doit ramener un mot des parents ! Et pourtant, lui c’était un djeunz. Enfin il écrit dans un journal de djeunz. Enfin de vieux djeunz.

Vous en êtes là. La cloche a sonné, mais oui mais oui, il faut aller dans la cour et vous êtes un peu attendu, genre quelques milliers de personnes. Des blogueurs, des PD, des jeunes et des profs en particulier. Peut-être même de jeunes profs PD qui bloguent. Bravo, bien joué, comme public de chieurs vous êtes servis. Ah, vous pouvez les bénir les membres de la commission ! Envoyez les donc se faire remettre d ‘équerre chez Meirieu, ça leur fera un peu les pieds.

D’où la question : Et maintenant, monsieur le ministre?

Alors que faut-il faire ? ou peut-être faut-il faire ? car …


PLAN A

Vous ne faites rien. Vous jouez la montre et le pourrissement. Vous pariez que quelques vétilles à l’international et surtout l’arrivée imminente des bronzés 3 vont détourner l’attention de ce sac de nœuds.
Ca peut marcher, c’est bien vu. Le premier employeur du monde devant la société des chemins de fers indiens dispose d’une redoutable force d’inertie. Elle l’a prouvé par le passé, elle peut écraser n’importe qui sous le poids de son indifférence. C’est pas un pd de province qui va la menacer.
Ouais. Faut voir. Parce que vous venez de comprendre que l’internet abolissait l’espace, vous risquez d’apprendre qu’il peut aussi abolir le temps. Le soufflé retombe d’accord mais en deux clics la mayonnaise remonte (la mayonnaise du soufflé, faut suivre). Ceux qui sont là aujourd’hui peuvent s’éloigner mais ils reviendront. Plus nombreux. Plus virulents. Avec en plus le sentiment d’avoir été floués. Bien que vous ne leur ayez jamais rien promis ! Quels menteurs ! Et en plus ces gens qui vous demandent d’être clément, croyez-vous qu’ils le soient ? Tiens, bernique ! Maintenant, c’est fromage ET dessert qu’ils vont réclamer. Levée de la sanction et démission. Et pourquoi pas Garfieldd ministre ? Eh, Oh !

Alors, que reste-il ? ben…

PLAN B

Là, pas trop besoin de se casser la tête, le chemin a été balisé dans le billet cité plus haut. Je repompe, c’est autorisé :

"Mais tu as encore le temps, non seulement de rattraper le coup, mais encore de le tourner à ton avantage. Il a déposé un recours gracieux contre sa révocation. Rapporte là (tu es dans le délai), et, après avoir pris connaissance de l'ensemble des éléments du dossier, atténue-là. Je ne te demande pas de te déjuger, et de ne prendre aucune sanction. Ce serait un camouflet pour la commission mixte paritaire, et ce proviseur reconnaît lui même, rétrospectivement (il l'a dit à la commission) qu'il a transgressé son obligation de réserve en parlant ainsi de sa vie privée. Mais fais un communiqué (ton conseiller en communication, celui qui te dit que les blogues c'est l'avenir, te fera ça très bien) soulignant que tu maintiens le principe de la sanction, car tu es un ministre sévère, tu la diminues, car tu es un ministre juste, du fait des éléments qu'un mouvement civique sur l'internet ont mis en valeur, car tu es un ministre moderne et à l'écoute du peuple."

Résultat ? La classe totale. Chance au jeux. Réussite aux examens. Retour de l’être aimé (peut servir à un collègue). Renforcement des sentiments d’affection.

Hum. Au fait, Il n’y aurait pas des perspectives de promotions dans les années à venir, monsieur le ministre.

Bon, j’crois qu’c’est clair. Allez, me remerciez pas. Ou plutôt, si, je vous expliquerai plus tard. En attendant, vous savez ce qui vous reste à faire.